21.09.2006

Mathématiques érotiques

 

Dans les mathématiques érotiques

Si je pose deux l’un sur l’autre

Il ne reste souvent qu’un sans retenue,

Et parfois l’opération terminée

Cela fait trois, dont un à élever.

Si j’introduis une inconnue

Tout en multipliant les caresses

Plus rien ne peut nous soustraire

Aux désirs exacerbés

Si ce n’est un mauvais calcul

Qui nous entraînerait vers la division.

Mais si je respecte bien les courbes

Je dois résoudre cette équation.

 

Harry Steed (21/09/06-extrait de “A corps et accords”)

16.09.2006

Entrée gratuite?

(Les journées du patrimoine)

 

Je profite de cette journée

Pour visiter votre domaine,

Cette forteresse d’ordinaire fermée,

Cadenassée, gardée par des vigils

Rétribués par le morale.

J’effeuille délicatement chaque vêtement

Afin d’admirer ces appartement privés

D’ordinaire réservés à quelques initiés...

Mon ticket le précise: Je peux toucher...

Alors, je fais le tour de la propriété,

Ose une caresse sur votre dos cambré

Une autre sur vos fesses généreuses,

J’apprécie de la main le galbe de vos jambes

Et m’attarde sur vos poumons à découvert

Fermes et bien proportionnés.

Dans un moment d’inattention,

Cette main s'égare sur votre ventre

Et glisse presque naturellement

Vers les secrets de cette grotte

Dont les abords humides

Laissent à présager que, là aussi,

Les scellés ont été levés...

Vous gémissez dans un sourire

Quand cet endroit se fait plaisir.

Mon autre main palpe avec délicatesse

Tandis que palpite mon coeur en émoi

Face à ce jeune patrimoine

Déjà si bien développé.

La visite est tellement agréable

Qu'à peine sorti, je rentre à nouveau,

Je sors, je rentre,

Je ressors, rerentre, ressors, re....

M’endors sur vos richesses

Comblé par vos soupirs de diablesse.

Harry Steed (15.09.06-extrait de “A corps et accords”)

17.08.2006

Pose un mot...

Pose un mot,

Tente une phrase,

Rature, déchire,

Essaie de changer de sujet,

Mais....

Tu manques à ma vue,

A mes mains.

Au téléphone,

Sous des abords d’indifférence,

Je m’impatiente.

J’aimerais me dévoiler,

Laisser aller mon coeur.

Demain je sais que j'écrirai que,

Je me suis glissé dans l'écouteur

Pour te rejoindre, te regarder

Et te serrer,

Par surprise...

 

Harry Steed (199?-extrait de “A corps et accords”)

22.09.2005

Saurons-nous...

Saurons-nous retrouver les caresses?

Saurons-nous retrouver la tendresse?

Ah! Drénaline, tu montes...

Coup de fatigue,

La tête dans un étau.

J’aurais envie d’un corps chaud

Contre ma carcasse fatiguée,

Un moment de repos.

Oublier le temps d’une étreinte

La tragédie du quotidien,

Me noyer avec volupté

Dans la profondeur de ton sourire,

Tracer un itinéraire vagabond

Dans la douceur de tes courbes.

Saurai-je te donner tout ce que je veux,

Tout ce que tu mérites?

Harry Steed (1993-extrait de “A corps et accords”)

02.07.2005

On ne l'écrira jamais assez

On ne l'écrira jamais assez,

On ne le savait pas,

Il y avait une histoite en cours,

Une histoire à la peau douce...

Avec d’infini précautions,

Mes doigts se promenèrent

Un instant,

Oubliant toute sagesse,

Rodèrent dans des endroits intimes.

Harry Steed (1993-extrait de “A corps et accords”)

27.05.2005

Quand tu me fais un compliment

Quand tu me fais un compliment,
Je te crois!
Et je dégouline d'émoi,
Je ronronne de plaisir,
Incrédule!
Quand tu me souris,
Je transpire de l'intérieur,
Des mots très chauds viennent à mes lèvres,
Des mots trop chauds pour le climat.
Je fais silence dans ma bouche,
Essaie de rester digne,
Mais à l'intérieur...
A l'intérieur, si tu savais,
J'explose de partout,
Mon coeur tape comme un dingue
Dans sa camisole forcée,
Mon cerveau se lézarde,
Les neurones décrochent,
Et mon sexe se met au diapason de ma folie amoureuse!
J'atteint des points de rupture.
Help me,
Je suis en état de surchauffe,
Prêt à imploser.
J'essaie des idées glaciales,
Mais rien n'y fait,
Elles fondent au fur et à mesure!
Tu es là!
Irresistible panthère jaune,
Des larmes rouges montent à mes yeux,
J'ai peur...
Réservez moi cette danse de la mort,
Réveillez moi, je cauchemardise...
Toujours le même refrain,
La même rengaine:
Qu'il est doux d'être aimé par vous,
D'une douceur cruelle...
Je m'accroche à des branches pourries par la morale,
L'amour se fout de la morale.
Il passe comme une tornade,
Dévaste les habitudes,
Fait place nette.
Je me crève les yeux
Pour ne plus te voir.
Les sinistres des sens
Ne sont pas couverts par l'assurance!
J'essaie de me calmer,
Fume les cigarettes par deux,
M'assoie au bord de la vie,
Regarde passer les autres,
Crache dessus...
Rien n'y fait!
Je sombre dans un coma profond,
L'amour me perfuse ton visage,
Ton corps passe dans mes veines,
Je ressussite, brisé,
Je lève le pouce,
J'abandonne,
Et me glisse dans tes griffes,
Soulagé.

Harry Steed (199?-extrait de "Accords et à corps")

11.05.2005

Hors grisaille

Je sais que dans la grisaille naturelle des habitudes,
Il existe des coins de ciel bleu,
Des instants de surprise,
De plaisirs partagés sans scrupule,
Sans arrière-pensée,
Dans l’instant.
L’instant où les mots se touchent
Et se répondent,
L’instant où les mains se frôlent
Et se caressent,
L’instant où les peaux se rejoignent
Et se confondent... jusqu'à l’oubli...
Envie de sentir les frémissements de son corps
Sous la tendresse de mes caresses...
Courir à perdre haleine,
Ne plus toucher terre,
Brûler la vie qui passe trop vite,
Bouches enchevétrées.
S’entendre dire des: “non"
Qui sont des oui merveilleux...
Attendre!
Que c’est bon d’attendre,
Qu’il doit être agréable de se faire attendre...
Cerveaux déliés,
Sentiments à nu...
Chaque chose doit suivre son chemin!
Je suis sur le chemin de ton corps,
J’avance à pas de renard,
Je suis un marin égaré,
A l’abordage d’un paquebot géant,
Je vogue sur un mystère,
Des perles d’incertitudes accrochéesà mes phrases...
Je dévore ma “beur"
Du bout des lèvres,
A pleine dents,
Du bout de mes doigts veloutés,
A bras le corps...
J'éclate en mille morceaux de plaisir.
Je suis de toutes les couleurs...
Au fond de moi,
Je n’ai pas honte d'être ce que je suis.
Je savoure ce qui est savoureux,
Cela devient si rare, la saveur...
Je respire à fond,et je m’effondre,
Foudroyé par tant d’odeurs,
Les odeurs de la Vie!
Les portes sont grandes ouvertes
Et résonnent dans ma tête.
Je suis cette bise qui souffle sur tes voiles
Et t’emmène au large de ton quotidien...
Dans le calme relatif...
J'écris d’un jet,
Quand je n’ai plus rien à écrire,
Je m’arrête, je ne cherche pas,
On trouve quand on ne s’y attend pas...
Je suis un piètre guitariste,
Mais sur son dos j’ai trouvé les accords majeurs
D’une mélodie accrocheuse,
Un solo simple mais efficace,
Un air improvisé,
Un air qui n'était pas prémédité,
Un air de rien
Qui fait du bien,
Un air de ne pas y toucher,
Un air au goût de fruits bien mûrs,
Bien sucrés
Qui éclatent dans ma tête
Et se répandent dans mon sang
Qui fait plusieurs tour d’anatomie
Avant de comprendre ce qui lui arrive.
Tout est de feu en moi, tout vibre,
Comme une vieille carcasse
Qui aurait trop roulé sur les chemins boueux,
Et se retrouve, d’un seul coup, sur l’autoroute,
Bien en ligne, à fond,
Le pouls au maximum...
Et pourtant si tranquille...
Shooté “au beurre”!!!
Tout à une fin...
Mais rien n’est jamais fini!...

Harry Steed (Août 93-extrait de "A corps et accords")

05.05.2005

Hurricane

Il plane comme un ouragan
Sur les montagnes de mes désirs.

A ce moment là, je t'ai touchée,
Entre songe et réalité,
Qui pourra me dire
De quel côté je me trouvais?
Tu étais pulpeuse,
Gonflée de la sève de nos désirs.

Il y avait une fois,
Je sais,
Une histoire simple,
Une femme ouragan
Qui dansait,
Soufflant sur ma route.
Et je m'envole,
Je veux simplement aimer
Dans les tempêtes de ton coeur,
Je suis juste un rêveur,
Mais tu es juste un rêve
Qui va son chemin...

Tu es juste un rêve,
Tu pourrais disparaître.
Je te raconte une histoire
Inventée au pilier d'un comptoir
Dans le fond d'un verre.
Ne crois pas que j'ai froid.
Tu danses le smurf,
Tu danses le reggae
Tu parles rap
Accompagnée par une flûte irlandaise,
Juste un rêve odorant
Qui me grise de bonheur.

Tu es juste une nuit étoilée,
Je suis allongé,
Couché sur la mousse,
Le nez dans tes étoiles
Je te fredonne une chanson douce,
Accompagné par les cigales...
Il plane comme un ouragan
Qui s'engouffre terrible
Entre les montagnes de mes désirs.

Harry Steed (199?-extrait de “corps et accords”) 

27.04.2005

Diables

Je peux aussi écrire des choses immondes,
Issues des diables
Qui hantent mes entrailles,
Quand les nuages porteurs de mes souffrances
Dominent la situation,
Et menacent l'équilibre...
En ces temps là,
Coule le sang de la douleur,
Et la raison n’y suffit plus...
Oh, mon amour
Aide-moi à maintenir le cap,
Chasse ses monstres sanguinaires
Qui tentent de me séduire,
Qui tentent de me réduire,
A la merci de la folie
Des méandres ambulatoires
Qui ménent à des impasses meurtrières,
Là où le sordide règne en maître
Et s’acharne à enlaidir
Les trajets à venir...
Oh, mon amour,
Ne laisse pas ces parasites de la sérénité
S’emparer de notre histoire.
Aide-moi à apaiser
Ces poupées gigognes accumulées
Au fil de mes erreurs
Et de mes hérédités.
Aide-moi à mettre au repos éternel
Ces blessure dont je n’ai plus besoin,
Cicatrise de tes caresses
Ces traces d’une trajectoire difficile
Pour arriver jusqu'à toi...
Oh, me amor,
N’oublie pas
Qu’il nous reste de beaux chemins
A parcourir ensemble...

Harry Steed (26.04.05-extrait de “A corps et accords”)

25.04.2005

Visiter...

Visiter les lieux du bout des doigts,
A main feutrée, sans précipitation.
Prendre le temps de connaître chaque endroit,
Revenir et s'assurer des sensations,
Ne négliger aucun endroit,
S'approprier des réactions,
Doucement, sans rien détériorer,
Respecter le fragilité ambiante.
Ne rien prendre,
Donner un maximum, sans arrière pensée.
Se balader d'un coin à l'autre
Sur un tapis de soie,
Allonger un sourire,
Réduire un doute de la paume de la main,
Déambuler sans fin
Sur un chemin de plaisir tapissé de mousses odorantes...
Pas de péage!
Freiner de temps en temps,
Et réfréner ses propres envies,
Ne pas penser au "qu'en dira-t-on",
Sous peines de ratées.
Se décevoir de ne pas tout réussir,
Et rendre les clefs du palace,
Un peu piteux, un peu penaud...
Trouver des mots irraisonnés,
Se noyer de tendresse,
Se donner le vertige avec un gros câlin,
S'oublier totalement,
Perdre le nord et tout le reste.
Ne plus se contrôler,
Profiter et faire profiter
De la jouissance du moment qui passe,
Du moment unique
A jamais imprimé,
A jamais intégré dans les souvenirs inoubliables,
Les irradiants du coeur.
S'entrelacer en s'enlaçant,
Sans se lasser de ce plaisir mutuel et naturel...
Si j'avais le don,
Si j'avais les mots,
J'écrirais un merveilleux poème
Pour la greluche jaune,
Des mots énormes,
Des cascades de phrases bleues,
A l'encre de chine,
Pour un tatouage indélébile,
Pour l'histoire qui passe,
L'histoire pas comme les autres,
Le grain de folie lucide
Au milieu du stress des habitudes.
Je souris!
Je souris de me sentir écrire,
Chercher le mot de l'image parfaite
Et suffisamment ambiguë
Pour créer le doute...
"Dans le doute abstient toi..."!
Mon oeil!
Dans le doute , fonce!
C'est ça l'épice,
Ne pas être sur de son fait,
Et parfois réussir,
Là où il le fallait,
Quand il le fallait,
Parce qu'en fait, en y réfléchissant...
Le doute n'était pas permis...
Se créer sa propre histoire,
Et la faire respirer à voix haute"

25/07/93 (H.S.) [extrait de "Accords et à corps"]

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