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14.12.2006

Chroniques en milieux inhospitaliers.

L’hôpital (2)

 

 

Jeudi 7 Décembre :

                                                          

Harry est dans la salle de bain.

Maintenant qu’il peut galoper

Au volant de son déambulateur,

Un prototype du siècle dernier,

Sans carénage, ni direction assistée,

Il lave lui-même son corps d’athlète.

Le hasard le fait croiser son image

Dans le miroir du lavabo !

Les péripéties de ce dernier dimanche

Ne lui ont pas permis de tondre cette barbe

Comme il le fait consciencieusement une fois par semaine

Afin de garder cette élégance James Bondienne…

Il a les traits un peu tirés

Et ces poils poivre et sel qui ont poussés

Lui donnent un air de baroudeur en pause.

Une probable remontée de morphine lui envoi ce flash :

Agent secret au service des mots torturés,

Il est tombé dans l’embuscade d’un intégriste de l’écriture,

Et le voilà au repos pour quelques semaines,

Pendant que ses ennemis

Peaufinent des textes surannés.

Cela dit, sa robuste constitution le fait récupérer rapidement.

Et, un nouveau flash morphine déclenche cette envie :

Culbuter cette jolie black occupée à refaire son lit !

Il ouvre précipitamment la porte de la salle de bains

Et… Le flash se dissipe :

“Merci mademoiselle et bonne journée”.  

Il s’écroule sur le lit refait,

Sa mémoire en vrac dessine quelques images :

-L’arrivée dimanche aux services urgences.

Les pompiers attentifs confient aux infirmiers de garde

La jambe brisée du héros.

Ces gens tout aussi vigilants montent avec soin le membre endommagé

Jusqu’au service radio qui doit faire l’état des dégâts.

Et là, ça se gâte !!!

La préposée est seule pour soulever la jambe meurtrie

Afin de glisser la plaque sous celle-ci.

Notre héros, oubliant toute dignité, hurle sous la douleur :

“C’est quoi ce bordel ! Trois pompiers délicats,

Autant d’infirmiers prévenants à l’arrivée,

Et là vous me manipulez toute seule”.

“Ah ! Bah moi j’y peux rien ils sont partis”.

Il hurlera jusqu’à ce que des renforts arrivent…

-Mardi après midi,

Deux jours sans aller à la selle !

Il dédaigne le bassin qu’on lui propose… trop dégradant,

Et propose qu’on le traîne aux toilettes.

“Bon, je finis votre lit et j’y vais,

Vous me sonnez quand vous avez fini”

“OK mademoiselle,

Je vais attendre que vous soyez partie,

Car savez-vous, j’ai besoin d’intimité

Pour concrétiser ce genre d’envie”

Elle en termine avec le lit et sort.

James Steed enclenche l’action « Pousser”

Quand il entend dans le couloir :

“Bon, j’ai laissé le monsieur de la chambre 41..,

Pasqu’il veut être tout seul pour ces besoins”

J’enclenche la marche arrière et sonne.

“Bien mademoiselle, ramenez moi au lit

Nous en resterons là pour aujourd’hui,

Cela me bloque de savoir que mes voisins

Peuvent être à l’écoute de mes soulagements intimes.

M’est avis que vous avez un problème de compréhension avec le mot intimité”.

 

A suivre….

Commentaires

J'adore!!
J'en ris toujours!!
J'ai connu ce truc horrible et comme je te comprends!
Vivement demain!! (pour la suite bien sûr )
Je t'embrasse
Méline

Ecrit par : Méline | 14.12.2006

"L'humour est une affirmation de la dignité, une déclaration de la supériorité de l'homme face à ce qui lui arrive." (Romain Gary)

Et vous en faites preuve Harry !!! j'adore ce récit !! il me fait marrer meme si la situation de violation d'intimité m'effraie un peu !! ... Harry vous avez ce don de me captiver ... j'en veux encore !!!
Ha une petite question juste pour mon information personnelle : Dites moi ?? ou je peux me fournir le truc là qui vous donne des flashs .. j'en file à tous ceux qui m'entourent rire !! ...
Portez vous bien Harry .. et encore Merci
A trés vite
Patricia

Ecrit par : Patricia | 15.12.2006

Vivement demain, vivement demain Meline, comme tu y vas. J'ai un rythme moins endiablé que celui ci.

Patricia, c'est très simple, pétez vous une guibole et vous serez fournie gratuitement. Une gentille infirmière vous dira: "Voici une pompe reliée à sister morphine, si vous souffrez pompez, pompez. Autant vous dire que j'ai souffert souvent...

Merci à vous.

Harry Steed

Ecrit par : Harry Steed | 16.12.2006

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