17.09.2008

Hybernation épistolaire

 

 

Hibernation épistolaire

 

                   (Ticket sans retour) (ébauche)

 

 

Liaisons fatiguées,

 

Les mots ne s’accrochent plus

 

Tender à sec !

 

Les wagons de la raison

 

L’emportent sur ceux de l’imagination.

 

Le siècle est froid

 

Et l’on désaffecte les voies secondaires

 

Sous prétexte qu’elles ne sont pas rentables…

 

Des gens montent dans mon train

 

Sans même me saluer,

 

Et j’ai moi-même le Panama en berne !

 

Il n’y a plus que des rapides

 

Des relations à toute vitesse

 

Qui laissent peu de place à l’image.

 

Tu commences à pisser au point zéro

 

Et quand tombe la dernière goutte

 

Tu as déjà parcouru plus de cinq bornes !!

 

Imagine si ton envie est plus importante

 

Et si le trajet est assez court…

 

                       Retiens-toi…

 

Il n’y a plus que des places réservées et numérotées

 

Comme des privilèges sur le néant

 

Et l’on s’installe à la sienne

 

Comme dans un monde inaccessible,

 

Juste centré sur son nombril.

 

Les mots se dispersent sous les rails

 

Ecrasés par l’osmose inerte d’une morale sans cœur.

 

Qui a interdit de fumer dans les compartiments

 

Du train train des habitudes ?

 

Des railleries fusent des premières classes,

 

Je perds ma place

 

Et m’exaspère

 

Dans des interprétations sans logique…

 

Le wagon des fantasmes se vide,

 

Reste au rang du passif,

 

Décrue dictée par la banalité.

 

Ces cas t’énervent

 

Quand ils flanchent

 

Par manque d’entretien.

 

 

 

 

 

Harry Steed  (Août-Sept.08 extraits de « carnets de torts et de raison »)