16.01.2007

Testeur pour séductrice

Harry n’avait jamais été très malin

Mais s’en été rendu compte très tard

En se retournant sur sa vie

Il s’apercevait, presque avec le sourire,

Qu’à chaque fois qu’il avait cru briller

Comme un warning attirant l’intérêt,

Croyant être maître de situation,

Acteur principal, vedette de l’action,

Il n’avait en fait été que serviteur soumis,

Figurant parmi tant d’autres,

Oreille bienveillante utilisée comme réceptacle

Dans lequel on déverse et entasse

Les trop plein d’une âme surchargée

Afin de pouvoir aller folâtrer… ailleurs.

Et, bien qu’il ait compris cela,

Il l’avait découvert trop tard

Pour changer le cours des choses.

Et, encore maintenant,

A chaque fois qu’il se retournait,

Il constatait que le phénomène

Se reproduisait toujours, invariablement !

Des sourires complices, des rires partagés,

Des délires extravagants.

Mais, ce n’était qu’une “garce” de plus

Au firmament de sa séduction,

Et il ne pouvait pas lui en vouloir.

L’homme est parfois en proie à des envies

Qui vont à l’encontre d’une certaine logique

Et la femme n’est parfois pas innocente,

Mais tout cela appartient à la nature humaine.

Il faut des hommes comme Harry

Pour permettre à d’autres, plus conquérants,

De récupérer une âme apaisée et offerte.

Sans le savoir, au fil du temps,

Il était devenu testeur pour séductrice tourmentée

Vérificateur platonique des charmes de ces dames.

Au bout du compte, c’était un rôle comme un autre,

Peut-être pas celui qu’il aurait choisi…

Mais il fallait faire et avancer avec…

Harry Steed (12/01/06-extrait de “petites histoires d’Harry...”)

08.05.2005

Les ecchymoses de ma psychose

 

 

Avant de disparaître,
Harry aimerait écrire ce texte définitif !
Celui qui dirait tout,
Avec des mots triés sur le volet
Qui déclencheraient les images exactes.
Un texte sans appel et sans rappel,
Comme si la montre tic-tac
Avait cessé ses fonctions décibels.
Les histoires se répètent,
Comme des litanies lugubres
Aux règles immuables.
Les fins de parties sont prévisibles
Et sans surprise,
Il est inutile de s'acharner.
Mais, il sait qu'il gardera
Dans la mémoire de son coeur
Les crépitements qui, durant un temps,
Auront attisé le film de sa vie,
Il n'y a que cela qui compte.
La fin de partie n'a pas d'importance,
Puisqu'il la sait inéluctable,
Même si, à chaque fois,
Il s'imagine que la fièvre peut perdurer...
L'acharnement romantico-idéaliste
Consistant à vouloir maintenir sous perfusion
Des relations agonisantes
Est parfois aussi lamentable
Que l'acharnement thérapeutique.
Ce qui est imprévisible,
C'est le déroulement
Et les variantes qui se dessinent,
En fonction des acteurs en présence,
Même si, à la longue,
Certaines se réitèrent...
Maintenant, Harry est fatigué.
Dans la salle d'attente d'une gare,
Bourré d'hallucinogènes
S'imagine ces vieux trains
Aux banquettes de bois,
Dans le Far West d'autrefois.
Chasseur de primes et de coeurs,
Il part pour une ville florissante,
Là où les spectacles se déroulent à toutes heures,
Là où les femmes sont aguichantes...
Passent des fermières en robe longues
Et aux formes généreuses...
Qu'il doit être réconfortant
De s'endormir dans ces bras là...
Et des cow-boys, rasés de près,
A la mine enjouée,
Qui sentent l'eau de Cologne bon marché...
S'en vont dépenser leur solde
Dans des tripots aux filles faciles.
Harry n'a pas un destin hors du commun,
Espoirs et déceptions sont des constantes du quotidien,
Il a fini par s'en accommoder...
Il neige dans ses yeux fatigués,
Des flocons d'incertitude
Se mêlent à ceux de la béatitude.
Cette nuit il va chanter
En buvant des alcools frelatés,
Palpant et caressant
Des bustes consentants.
Il finira sans doute
Entre les cuisses d'un jeunette
A la fougue insatiable
Qui se chargera du scénario...
Au matin, il s'éveillera, pâteux,
En se disant qu'il fait de drôle de rêves,
Puis reprendra sa route,
Vers d'autres étreintes sans lendemain...
Ps:
Adios, vamos,
Cause, cause,
Je suis en métamorphose,
Fais une overdose,
Comme une couperose,
Une ménopause
Sur mon coeur de vieille chose.
J'expose l'arthrose de mes sentiments,
Les ecchymoses de ma psychose
Qui double la dose
Dans les instants moroses.
En l'absence d'osmose,
Anastomoses closes,
Je fais une pause...

Harry Steed (Fev/Mars 2005-extrait de "Petites histoires d'Harry...)

D'autes petites histoires...

Dans la pénombre
Harry ne cotoie plus que des ombres...
A pas de velours
Examine ses doutes
Par le petit bout de sa lorgnette
Infra-rouge,
Observe la demoiselle
Qui plantant ses poireaux,
Au clair de la lune,
Glisse sur une peau de ba,ane!
Harry,
Ayant constaté que la belle,
Dans sa chute ne s’est point égratignée,
Eclate de rire,
D’un rire sarcastique,
Hurle à la nuit qui chavire,
S’accroche au hublot...
L’amer se déchaîne,
Lui balance un paquet d’eau salée à la tête!
Harry réagit,
Retrouve sa dignité,
Aide la demoiselle à se relever
Et lui présente ses excuses...
Que la belle, crottée-vexée,
Lui refuse...
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

__________
Dos voûté
Harry trottine,
Vieillard vieillissant,
Sa came à la main...
Harry se courbe,
N’ose plus se souvenir
De sa jeunesse,
N’ose imaginer
Sa vieillesse,
Quand,
Même son sexe ne parlera plus.
Harry gémit
Sur sa colonne, plus centrale,
Et ses disques usés
Faute de les avoir trop utilisés.
Statue de cire
Figée dans l’espace,
Harry ne tourne plus rond!
Rayé des listes,
Harry grisonne,
Vieil ours fatigué
Derrière ses barreaux.
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

___________
Harry, ligoté sur sa vie,
Ne peut plus bouger.
Pieds et poings liés,
Il sent les cordes de la monotonie
Qui meurtrissent ses chairs.
Et, chaque mouvement
Ravive defaçon intenses les douleurs.
On lui a bandé les yeux,
Il essaie de deviner
Aux bruits qu’il perçoit
Ce qui se passe autour de lui.
Est-il seul?
Ou, sont-ils là
Qui l’encerclent?
Sont-ils là
A guetter sa lente agonie.
Il n’a rien bu depuis des jours,
Ses forces l’abandonnent,
Il voudrait crier,
Hurler sa haine,
Appeler au secours,
Mais, le chiffon dans sa gorge
L’empêche et l’etouffe.
Se trouvera-t-il quelqu’un pour le délivrer?
De quoi est-il vraiment coupable?
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

__________
Harry est effondré!
Ne demandez pas pourquoi,
Lui-même n’en sais rien!
Simplement effondré,
Inerte et sans forces,
Sans envies...
Harry aimerait mourir
Pour quelques temps,
Le temps de retrouver le sourire.
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

__________
Harry titube,
Looser magnifique.
Lola s’enfuit,
Fatiguées de ses défaites.
Les yeux d’Harry,
Sous son chapeau poisseux,
Se plissent, presque malicieux,
Demain la roue tournera,
Et Lola reviendra.
En attendant,
Il débouche une bouteille de téquila,
La porte à sa bouche
Et s’ouvre les rêves de l’oubli,
S'évade à grandes gorgées
De sa réalité.
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

30.04.2005

D'autres histoires

A mes amis,
"Harry se perd dans les dédales
De sa tour infernale"
Disparaître parfois,
Plutôt que d'imposer
Une présence blafarde et incongrue.
Tenir son rang
Est chose difficile,
Quand, comme Harry,
On ne parvient pas
A rester trop longtemps
Dans la légèreté superficielle,
Même si celle ci
Possède par instant
Cet effet magique
De faire oublier certaines grisailles,
De cet effet que vous procure
Certaines substances chimiques
Délivrées sur avis médical.
Harry reconnaît que cette légèreté
A le mérite d'être, quasiment, gratuite
Et peu nocive pour la santé,
A condition, pour lui, de ne pas en abuser.
Lui manque le complément à cette légèreté,
Et les mots spontanément offert ailleurs...
Disparaître momentanément
Quand on ne trouve plus les mots
Pour participer aux dialogues,
Ou qu'on les connaît,
Mais qu'on a pas le coeur à les utiliser,
Car trop répétitifs.
Disparaître quand,
Les sourires ont des allures figées,
Comme des circonstances de routine.
Disparaître,
Avec l'espoir peut-être
De réapparaître,
Quand le besoin,
Ou la simple envie
Feront un signe.
Disparaître,
A la recherche d'un chemin convenable
Et plus confortable...
(Est-il possible de prétendre disparaître,
Quand on n'est que poussière,
Déjà presque imperceptible,
Même si votre présence est connue?...)
Harry est un candide,
Qui s'enthousiasme
Pour un sourire chaleureux,
Un sorte d'imbécile béat et heureux
Qui fantasme sur la sincérité
De ses contemporains,
Et s'imagine
Que les relations s'éternisent!
Harry trimballe avec innocence
Des vertus quelques peu vieux jeu,
Basées sur des principes ancestraux...
Tout va trop vite pour lui,
La durée n'existe plus,
Il n'y a plus que d'éphémères étreintes.
L'usure de l'habitude
Se fait de plus en plus rapide,
Et les souvenirs s'effacent,
Sans avoir même le temps
D'atteindre cet état!
L'augmentation indécente
Des moyens de communication
Conduit peu à peu à sa disparition!
Les dialogues se multiplient
Pour aboutir
A des monologues qui se succèdent,
Comme autant d'îlots isolés.
Et chacun rame...
Et harry rame d'un îlot à un autre,
A la recherche de quelque conversation aboutie...."

Harry Steed (Déc.04-extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

_____
Harry, dubitatif et pensif,
Se gratte mentalement...
Il y a ces picotements reconnus
Comme des alertes sans danger.
Harry ne cherche pas de remède,
Son diagnostic est établi avec précision.
Ce sont d'agréables démangeaisons,
Comme des stimulants de la vie,
Pourquoi lutter contre ce "mal"?
Il sait bien que le temps lui est compté.
L'âge aidant, il sait,
Que ces sensations se feront plus rares,
Jusqu'à n'être plus que des fantasmes
A de sensuels souvenirs,
Si ce n'est déjà le cas.
Harry vit dans l'instant
Avec cette excitation juvénile
Que l'expérience lui permet de savourer pleinement,
Sans avoir à brusquer qui que ce soit...
Harry se laisse aller.
A-t-elle les yeux malicieux
Se demande-t-il?
De ces yeux rieurs et ténébreux
Dans lesquels on plonge avec volupté,
Sans tenue, ni retenue,
De ces mirettes peut-être noisettes
Qui balancent leurs paillettes
De toute leur candeur...

Harry Steed (Janvier 2005-extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

Petites histoires...(suite)

Dans la vie monotone,
Harry s'étonne.
Des rayons de désir,
Des rayons de plaisir
Lui parcourent l'échine.
Harry coquin butine,
Dans le fond de son lit
Se peletonne et ronronne.
Dans la vie monotone,
Harry s'étonne
D'être encore en vie!
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

___________
Harry a parfois du vague à l'âme,
Monte au premier étage,
S’allonge sur le lit défait,
Allume une cigarette
Et s’interroge...
Harry vieux détective
Privé de ses idées
Erre sur la piste des souvenirs,
Cherche des indices à ces énigmes.
Harry, timide, ne dit pas tout!
Des ombres mystérieuses
Passent devant ses yeux.
Des mots, parfois des phrases entières
Se bloquent aux frontières de la réalité.
Harry, fébrile,
Ne dit pas tout!
La vie, dans toute sa simplicité,
Lui apparaît parfois si compliqué...
Mais qui est le connard
Qui a écrit le scénario,
Dites moi le génie
Qui distribue les rôles.
Harry se redresse,
Harry se rebiffe,
Il n’a pas de raison de se plaindre,
L’ennui n’est pas au rendez-vous,
Emplit son sac de provisions,
Son client s’impatiente.
Harry, perplexe,
Raccroche...
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

_____
Harry cueille une fleur,
La met à sa bouche,
C’est le printemps
Pense-t-il subitement!
Harry a , parfois,
De profndes pensées...
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

_____
Harry souffle,
Harry transpire
Et lutte
Contre quelques arpents de terre.
Caresse une fleur
Comme on caresse un rêve.
Il aime cet effort
Qui laisse son esprit libre de vagabonder.
Il se raconte n’importe quoi
Entre deux fraisiers.
Quand son corps est trop las
Harry se déplit,
En grimaçant,
S’allonge nonchalant
Et rêve de mains inconnues
Qui viendraient soulager son dos meurtri.
Alors, Harry sourit...
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

_____
Harry plonge,
Parfois!
Mais se jette rarement à l’eau.
Trop timide,
Trop coincé,
Trop prudent.
Il est comme ça Harry,
Peur de se mouiller.
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

_____
Message physique...

Harry se démène,
Genoux fléchis
Il fait ressort avec ses articulations,
Ses mains huilées s’activent;
Il virevolte autour de la table,
Enrobe une omoplate,
Pétrit un deltoïde,
Parcourt une colonne vertébrale,
Se repositionne,
Respire, transpire,
Tel un boulanger
Façonnant son pain de compagne.
Harry surveille la cuisson,
Tapote, boudine, crapote,
Puis se dit qu’il est temps d’en finir,
Etire un peu la pâte,
La recouvre d’une serviette chaude
Et doucement se retire,
Espèrant que le massage
Est bien passé.
Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

22.04.2005

Petites histoires...

Harry prend sa cadillac blanche,
Il neige,
Les flocons rebondissent sur le pare-brise
Comme de vieux souvenirs
Qui s'amoncellent.
Les essuie-glaces sont fatigués,
Le dégivrage ne fonctionne plus,
Mais Harry s'en fout,
D'une main balaie son passé...

Harry Steed
_________
Harry aime rouler sur l'autoroute
La nuit,
Musique à fond,
Et les images qui défilent,
La fatigue
Qui déforme les contours,
Passent des monstres ricanants...

Harry Steed
__________
Harry n'appartient à personne,
Si ce n'est au temps qu'il lui reste à vivre.

Harry Steed
_________
Harry ne se souvient plus des paroles.
Il lui semble que,
seul un grand silence régnait,
Reposant, réconfortant.
Il lui semble
Que le dialogue
Se faisait du bout des doigts.

Harry Steed

___________
Harry esquisse un sourire,
Se disant qu'il fait bon vivre.
Et la jeune femme, songeuse,
Eclate de rire,
Oui monsieur, il fait bon vivre...

Harry Steed
____________
Harry se courbe,
Se retourne,
Le temps a effacé les traces.
Pourtant, restent des odeurs,
Plantées dans sa mémoire...

Harry Steed
(extraits de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)

Harry promène

Harry promène
Sa carcasse
Et son regard naïf
Sur un monde corrompu,
Ballades des émotions
Au milieu des mensonges
Et de l'hypocrisie.

Chevalier moderne
Des sentiments perdus
Il caracole
Sur des rêves d'adolescent.

Harry est amoureux,
Eclate de sourires.
Harry est amoureux
Et son coeur saigne.
Harry est heureux,
Harry est malheureux...
Ainsi va sa vie...
Harry co... gite!

Harry Steed (extrait de "Petites histoires d'Harry...
... histoire d'en rire"

Longtemps

Longtemps,
Harry, timoré,
Est resté tapi dans l'ombre,
Frileux,
Effrayé par un possible qu'en dira-t-on,
S'appliquant à brouiller les indices,
A cacher ce que sa plume vomissait.
A l'aube de la mort,
Harry se dénude
Et quitte ses complexes.
Harry laisse ses sentiments dégouliner,
Comme autant de traces visibles
Et de témoignages de son passage.
Qu'a-t-il à perdre?
Ce ne sont là que des mots
Ajoutés à d'autres mots
Qui racontent des instants
Dont Harry aimerait bien
Que ses enfants se souviennent...

Harry Steed (extrait de “Petites histoires d’Harry...
... histoires d’en rire”)